Nouvelles
Une moyenne un peu plus élevée en Outaouais
-
Le taux de suicide en Outaouais demeure légèrement plus élevé que la moyenne du Québec, selon les dernières données de l'Institut de la statistique du Québec.
Selon l'ISQ, 1103 personnes se sont suicidées dans la province en 2008, soit trois personnes par jour. Le taux de suicide par 100 000 habitants atteint 14 décès. En comparaison, le nombre de suicides était de 59 en Outaouais, en 2008. Et le taux par 100 000 habitants était à 16,4 pour la région. Geneviève D'Amours, de l'Agence de santé et des services sociaux de l'Outaouais, appelle toutefois à la prudence, car le nombre de suicides fluctue d'une année à l'autre. « En 2007, notre taux de suicides par 100 000 habitants était à 11,5, en dessous de la moyenne québécoise. Donc, on voit que ça fluctue beaucoup. C'est toujours un peu délicat. En 2007, on a compté 40 suicides en Outaouais, on en a eu 59 en 2008. C'est une grosse variation, mais il faut toutefois regarder ça sur une longue période de temps. » Selon Mme D'Amours, la tendance à plus long terme démontre que l'Outaouais est comparable au reste du Québec. Les 50 à 60 suicides par année, ces dernières années en Outaouais, sont aussi plus bas qu'au cours des années 1990, lorsque des sommets de 70 et plus ont été atteints annuellement. Pour Bruno Marchand, directeur général de l'Association québécoise de prévention du suicide (AQPS), la tendance des 10 dernières années au Québec est encourageante. De 1999 à 2008, le taux de suicides est passé de 22 à 14 par 100 000 habitants. « Ça correspond à une baisse de 32 %. Ça peut fluctuer d'une région à l'autre, mais la tendance est à la baisse au Québec. » Il ne faut pas « sabrer le champagne » pour autant, prévient M. Marchand, car le Québec surpasse la moyenne canadienne, qui est de 10,2 suicides par 100 000 habitants. Des pays comme le Japon (19,1), la Finlande (18,4), la France (15,3) et la Suisse (14,0) ont les taux les plus élevés. Multiples facteurs Plusieurs facteurs contribuent au taux de suicide. « L'économie peut être un facteur. On sait que le suicide est relié à la santé mentale de la population, la grande détresse que les gens vivent. La perte d'un emploi - toutes les pertes - peut précipiter l'acte suicidaire. Il faut qu'il y ait une vulnérabilité chez la personne. La toxicomanie, l'abus d'alcool ou de drogue sont souvent reliés au suicide », affirme Geneviève D'Amours. Selon Bruno Marchand, le suicide est aussi une « réponse culturelle à la souffrance ». La Grèce, avec 2,6 décès par 100 000 personnes, a le plus bas taux au monde. « Dans leur culture, on n'en est pas venu à avoir une forme d'acceptation sociale sur cette question-là. » Il faut, dit-il, tenter de changer la culture face au suicide et répéter que ce n'est pas une solution. Il est d'ailleurs faux de dire que ce sont surtout les jeunes qui se suicident, corrige Mme D'Amours. Le suicide est une cause importante de décès chez les jeunes, mais parce que normalement, un jeune ne meurt pas, sauf par accident ou maladie rare. Le suicide touche surtout les hommes de 35 à 50 ans. « Généralement, nos hommes d'âge mûr n'ont pas développé cette habitude de demander de l'aide. Ils arrivent parfois à l'extrémité, en grande détresse dans le réseau de santé. C'est difficile ensuite de récupérer » explique-t-elle. Du côté d'Ottawa, le taux de suicide est en baisse. De 12,8 personnes par 100 000 habitants, en 1986, il était à 6,0 suicides par 100 000 habitants, en 2005. Le suicide a été la principale cause de décès des hommes de 20 à 44 ans en 2002, selon « Signes Vitaux 2009 », le récent bilan de santé annuel publié par la Ville d'Ottawa. « Les données les plus récentes (2204) révèlent que le taux général de suicides chez les hommes et de 8,6 décès par 100 000 habitants, plus du double du taux de 3,9 décès par 100 000 habitants observé chez les femmes », indique le rapport.
Source :
Cyber Presse
|