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Nouvelles

Pour en finir avec la dépendance à l'alcool

Ottawa, samedi 6 mars 2010 - Pour en finir avec la dépendance à l'alcool

LACHUTE - Banalisée dans notre société, la consommation d'alcool à outrance peut toutefois mener tout droit à l'enfer. Perte d'emploi, de la famille, des amis, sans compter de l'amour propre. Mais pour ceux et celles qui s'interrogent sur leur consommation ou qui veulent carrément se sortir de leur dépendance à l'alcool, une ressource existe : les alcooliques anonymes.

Communément appelés les AA, ce regroupement célèbrera cette année ses 75 ans d'existence. Originaire de l'Ohio, le mouvement est présent au sein de 180 pays et rassemblerait près de deux millions de personnes à travers 106 000 groupes. Les AA misent sur l'échange et la discussion entre personnes dépendantes de l'alcool ou qui désirent demeurer sobres pour cheminer ensemble. Gratuit et respectant l'anonymat de ses membres, les AA constituent pour plusieurs une véritable planche de salut.

La semaine dernière, dans un sous-sol d'église de Lachute, une cinquantaine de personnes s'étaient réunies pour une réunion ouverte. Celle-ci permet à des visiteurs d'assister à la rencontre, alors qu'une réunion fermée ne s'adresse qu'à des alcooliques.

À l'entrée, quelques membres accueillent les arrivants. Tous se donnent la main en se présentant par leur prénom. L'accueil chaleureux donne le ton. Tout autour, des femmes et des hommes de tous les âges se côtoient, certains avec le visage fatigué par la dépendance à la boisson. Du café et des biscuits permettent de réchauffer le corps et le cœur. Ce soir-là, les chaises étaient en rangées. On s'installe et tous les gens que nous croisons ou qui sont installés près de nous se présentent, toujours avec cette poignée de main amicale.

Jeanne (prénom fictif pour protéger son anonymat) est présente ce soir-là. La dame dans la jeune cinquantaine est sobre depuis l'âge de 24 ans. Chaque semaine depuis lors, elle se rend dans une rencontre avec les AA. En tête-à-tête, elle nous raconte avec sincérité et générosité son récit, qui ressemble à tant d'autres.

« Ma vie tournait autour de l'alcool. Je buvais tellement parfois que je me réveillais au matin avec un inconnu dans le lit, me demandant où j'étais, confie-t-elle. La raison pour laquelle tu consommes de l'alcool, c'est que tu n'es pas bien avec toi-même. Moi j'avais un mal de vivre, un mal à l'âme. Le mouvement des AA, ça m'a sauvé la vie. »

 

Jeanne soutient que l'alcoolisme est une maladie, au même titre que le diabète. Elle souligne que ses comportements alcooliques seront toujours là et que son combat en est un de tous les jours. Chaque journée sans toucher à un verre constitue ainsi une petite victoire. « Avant, mon réflexe était d'aller à la taverne. Aujourd'hui, c'est d'appeler des membres [des AA]. On se rend compte que l'alcool fait des ravages. J'aime mieux mon Seven Up! »

Aux yeux de Jeanne, il n'est jamais trop tôt ou trop tard pour se prendre en mains. Durant toutes ces années, elle en a vu, des gens arrivés avec pour seul bagage leur désespoir mais également une envie de se sortir de ce gouffre. Des jeunes de 15 ans comme des gens de 70 ans, au bout du rouleau.

Et à ceux qui ricanent de la voir dépendante des rencontres, elle répond du tac-au-tac qu'elle préfère être dépendante des AA que de l'alcool. « Je ne pourrais pas vivre sans les AA. C'est cela qui me garde sobre. »

Pour obtenir de l'information sur le mouvement des alcooliques anonymes ou pour connaître les prochaines réunions dans votre région, composez le 450 560-3902 ou visitez le site www.aa90.org

À noter que des réunions en anglais sont également offertes.

 


Source : Éditions André Paquette